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Philibert Vrau

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Philibert Vrau


L'eucharistie au cœur

Philibert Vrau était assurément un homme de l'eucharistie. Promoteur infatigable de l'adoration de l'eucharistie et notamment de l'adoration nocturne, il encourage cette pratique dans la ville de Lille appelant des hommes de toutes conditions à cette pratique de prière qui permet une relation forte avec le Christ qui s'offre à nous en partage, pour le salut du monde. Même si nous avons peu d'écrits spirituels de Philibert, nous pouvons mesurer l'impact de sa fréquentation assidue de l'eucharistie et de ses adorations prolongées devant le saint Sacrement.

C'est assurément là qu'il puise la force de son engagement au service de l'Eglise, qu'il fonde son attitude d'humilité et de service, qu'il inscrit sa pratique du don gratuit. L'eucharistie nourrit sa charité et son engagement au service de l'Eglise, corps du Christ.

Le premier congrès eucharistique international a été accueilli en 1881 dans les locaux de l'Université Catholique de Lille, alors naissante. Philibert Vrau a largement contribué à sa réalisation à Lille. On connaît la postérité et la fécondité de tels congrès.

Un homme d'Eglise

Philibert Vrau n'a de cesse d'œuvrer au service de l'Eglise. Il multiplie les œuvres, favorise la construction d'églises, investit fortement dans la jeunesse et la formation, tant en direction des plus défavorisés – écoles paroissiales et patronages – qu'en faveur des futurs cadres de la société – enseignants, ingénieurs, médecins, juristes, ecclésiastiques – avec la création de l'Université Catholique. Il contribuera au projet de construction d'une basilique dédiée à Notre-Dame de la Treille, future cathédrale du diocèse de Lille, dont Philibert soutenait la création. Il voulait faire de Lille une ville sainte.

C'est le souci d'encourager la foi et l'engagement social des catholiques qui en fait un artisan persévérant du Cercle de Lille, des congrès des catholiques du Nord, des Conférences St Vincent de Paul, de la Sainte Famille et un apôtre des œuvres catholiques à travers la France. Philibert a encouragé un nombre incalculable de chrétiens sur le chemin du service de leurs frères : « C'est le serviteur effectif de Dieu qu'il faut être, serviteur de tous les instants, de la nuit comme du jour, et serviteur prêt à tout, pour l'amour de Celui qui est tout pour nous. » [1].

Son investissement en faveur de l'Eglise s'inscrit dans la mission de celle-ci au service du salut. Il ne perd pas de vue l'enjeu du salut de l'homme et s'inscrit en faux contre tout ce qui avilit l'homme tant sur le plan des idées que sur le plan économique et social.

Homme d'Eglise, Philibert Vrau a constamment entretenu des relations avec les autorités ecclésiastiques tant à Lille, qu'à Cambrai siège de l'archevêché et à Rome. Monarchiste, il se rallie à la République lorsque le Pape Léon XIII par le biais du Cardinal Lavigerie le demande aux catholiques français. De même, il adhérera pleinement aux thèses de Rerum Novarum (1891)

Un entrepreneur chrétien

« Dès les années 1850, Philibert cherchait déjà les causes de la misère ouvrière et les solutions qu'il met en œuvre dans son entreprise avec Camille Féron-Vrau anticipent en quelque sorte les préconisations de Rerum Novarum (aides aux salariés en cas de maladie, indemnités aux femmes en couches, prêts à taux zéro, caisse d'épargne, aides diverses...) jusqu'à la mise en place de conseils patronaux dans lesquels on peut voir, toutes proportions gardées, une préfiguration des futurs Comités d'entreprise. » analyse Catherine Masson, historienne, professeur émérite de l'Université Catholique de Lille.

Paternaliste ?

Philibert manifeste un grand souci des plus pauvres, tant dans son entreprise familiale que dans ses divers engagements sociaux et caritatifs. Le paternalisme dont on l'accuse volontiers est commun à l'époque et si l'idéal d'usine chrétienne nous paraît anachronique, il ne peut être retenu contre lui, tant il le nourrissait par souci du bien être des ouvriers et en particulier des femmes et des adolescents. Si les comités ouvriers réunissent ceux-ci sous la présidence du patron et en présence de l'aumônier, ils sont constitués dans l'objectif de faire participer les ouvriers à l‘amélioration de leur condition. La querelle qui opposera Camille Féron-Vrau et Philibert Vrau à d'autres patrons chrétiens à propos des syndicats mixtes a longtemps été jugée à l'aune de la lutte des classes qui triompha pendant des décennies. L'encyclique Rerum Novarum plaide en faveur des syndicats, mais ne fixe pas la manière de les constituer. Quant à la critique sur une fortune amassée par l'exploitation d'ouvriers sous-payés, Philibert lui-même s'en expliquait dans le contexte de nombreuses entreprises voisines moins florissantes et qui auraient été incapables de suivre les augmentations souhaitées. La fidélité et la reconnaissance du personnel de la maison Vrau dont attestent de nombreux reportages confirment la satisfaction des ouvriers, par ailleurs bénéficiaires de nombreuses œuvres sociales internes dont certaines très novatrices, en faveur du logement ou de la santé. Il semble donc que les arguments retenus contre la cause de Philibert en 1950, dans un contexte de fortes tensions sociales, et qui ont conduit à l'expression des réserves du Cardinal Liénart, ne sont pas dirimants.

Un bâtisseur

Un Saint ?

Philibert a rayonné de son vivant comme en témoigne un membre du comité des patronages : « Homme tout surnaturel, on voyait bien qu'avant tout, en cette grande affaire de l'éducation et de la sanctification des jeunes gens, il comptait beaucoup sur l'action directe et personnelle de la grâce dans chaque âme. Cela nous faisait du bien de l'entendre, lui laïque, nous parler avec un tel accent des choses de Dieu... »

Le professeur Canet, secrétaire général des Comités et Congrès du Nord écrit : « Son passage a toujours été pour nous un réveil. Il manque chez nous quelque chose qui est son fond à lui : l'ardente piété qui puise ses énergies dans le contact avec Dieu. »[2] Et Mgr Baunard, recteur de l'Université Catholique de Lille à la mort de Philibert d'écrire en 1906 : « C'était directement que cette âme ailée se portait d'élan vers le centre divin, pour delà descendre, pleine de Dieu, vers les âmes aimées en lui et pour l'amour de lui. »

Comme le dit son testament spirituel : « Je remercie Dieu de m'avoir permis de le connaître et de l'aimer. Je lui rends grâce de ses bienfaits. Je meurs dans son amour et j'espère le bénir et le louer éternellement. »

Philibert Vrau peut être proposé comme modèle de laïc catholique conjuguant vie de prière et vie sacramentelle avec un fort engagement dans la société, puisant dans l'eucharistie la capacité à donner et à se donner, soucieux de donner à l'Eglise et aux oeuvres catholiques toute leur place au service de l'avènement du Règne de Dieu, préoccupé de la croissance humaine et spirituelle de tous en particulier des plus pauvres. Il est manifeste que pour lui l'économie est au service de l'homme et que l'obéissance à l'Eglise et à l'Evangile est école de liberté et de responsabilité en vue du bien commun. Son dévouement, son abnégation, son humilité ont fait de lui un homme discret, malgré l'ampleur des oeuvres qu'il a promues et qui aujourd'hui encore structurent la Lille catholique et sa région, et continuent de porter du fruit dans le monde entier au travers des congrès eucharistiques internationaux.

Poursuivre la promotion de la cause de Philibert Vrau est une exigence qui s'impose à nous à la veille du centenaire du diocèse alors même que l'année en cours est consacrée à l'engagement social des chrétiens, l'année prochaine à la Parole de Dieu comme Parole de salut pour tous les hommes et la troisième année centrée sur la dimension sacramentelle de l'Eglise. La poursuite de cette cause obligera à poursuivre un travail de recherche pour lever les malentendus des années cinquante et accueillir le passé des relations complexes entre patrons et ouvriers pendant la révolution industrielle avec le moins d'à priori idéologiques. Il devra avant tout mettre en lumière le travail de l'Esprit de Dieu chez Philibert et plus largement dans ce qui deviendra l'Eglise de Lille en 1913. Le Comte Jonglez de Ligne dans une déposition faite après la mort de Philibert nous y encourage : « Serait-il difficile de trouver dans la vie de M. Vrau, comme dans celle des saints, des faits non moins authentiques que celui que je cite, et de nature à faire, quelque jour, glorifier son nom dans l'Eglise ».[3] L'enthousiasme apostolique dont témoigne Philibert Vrau, aux côtés de son beau-frère Camille Féron-Vrau et de tant d'autres porte encore du fruit. Il constitue assurément un modèle pour les chrétiens du diocèse aujourd'hui.

Denis Mangez, ancien président de l'hospitalité de Lourdes du diocèse voit volontiers en Philibert l'icône d'un chrétien faisant bon usage de la richesse et propose d'intercéder auprès de lui « pour les plaies d'argent, quand l'argent vient à manquer ou quand il apparaît qu'il nous dévore et nous détruit. »

[1]Mgr Baunard, Philibert Vrau et les OEuvres de Lille, 1906, p. 259

[2] ibid, p. 330

[3] ibid, p. 352

 

Benoît XVI a plusieurs fois répété l'importance de l'adoration eucharistique. Photo de 2006. Ici, message du pape à l'occasion du congrès de 2012 à Dublin.

Image souvenir du début XXème...